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Conscience tranquille

by PsychoMoi on nov.19, 2009, under Mes réflexions, sur les humains

x0id6fsvParlant dernièrement des mots et de leurs éventuels impacts sur les gens il est maintenant légitime de se demander si le fait de « nuir » à quelqu’un par ce biais peut provoquer, chez la personne qui engendre ce mal, un « cas de conscience ».

De manière plus générale, est-il normal et légitime d’avoir la conscience tranquille après avoir fait du mal à une tierce personne ?

Vaste question et surtout autant de réponses que de personnes sur terre.

Commencons alors par le cas des « violences verbales » en tout genre. Que ce soit sous forme d’harcèlement morale ou tout simplement d’insultes.

Comme je le disais dans mon billet sur le pouvoir des mots, la manière dont nous sommes touchés par ceux-ci n’est pas marquée sur notre front. La sensibilité de chacun lui étant propre il est impossible, lorsque l’on s’adresse à une personne verbalement, de prévoir si elle peut être touchée ou non.

Pourquoi alors avoir mauvaise conscience suite à un acte dont on ne peut mesurer l’impact ? La vraie question serait de dire : pourquoi avoir parlé si l’on est pas prêt à en accepter les conséquences ?

C’est ici qu’intervient ce qu’on appelle la diplomatie. Ceux l’utilisant n’ont justement pas envies de se retrouver face à un conflit ou face à la responsabilité d’avoir causé du mal.

Diplomatie que moi je qualifie de lâcheté. Lâcheté de ne pas oser dire ce que l’on pense, et lâcheté de ne pas l’assumer.

L’on entend souvent cette phrase « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » mais je reste pourtant convaincu du contraire.
« Epargner » quelqu’un en ne lui révélant pas la vérité aussi difficile soit-elle à entendre n’est pas l’aider. Et ce même pour les plus sensibles. Car ce n’est pas en leur voilant la réalité qu’ils pourront mieux l’affronter.

Et cette démarche doit commencer très jeune. Combien de parents sont confrontés à la problématique d’expliquer à leurs enfants ce qu’est la mort ? Et n’osent pas franchir cette étape pourtant nécessaire de l’éducation. Préfèrent attendre .. Jusqu’au jour ou elle survient et qu’il est alors trop tard pour expliquer.

Toujours comme je l’abordais dans mon précédent billet ces hésitations sont encore moins justifiées avec des adultes. Et justement sur ce point, si certains sont plus sensibles que d’autres c’est avant tout parce qu’ils n’ont pas été assez tôt ou assez fréquemment confrontés avec ces réalités.

Quand bien même. Qu’est-ce que ces personnes « trop sensibles » peuvent avoir comme réaction face à une trop forte réalité ? Le pire des scénarios serait le suicide. Et sur ce point soyons réalistes, une telle situation n’existe que dans de très rares cas. En l’occurence, une personne capable d’un tel acte ne doit pas en être à sa première déception mais a due accumuler bien d’autres choses avant de vouloir en finir.

Je viens de le dire de tels cas sont très rares.

Personnellement, j’aurais plutôt mauvaise conscience en ne révélant pas une vérité plutôt qu’en la cachant à son principal interessé.
Je laisse aux autres le soin de se débrouiller avec leur conscience s’ils ne le font pas ..

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1 Comment for this entry

  • M.

    Tu vois, moi, pour faire prendre conscience de la mort à mes enfants, j’ai pris des animaux domestiques, toujours … je pense que ça sert vraiment à cela aussi … Eprouver de l’affection pour quelque chose qui vit avec vous, et être très très triste quand il disparaît … Ca marche très bien, en tous cas sur tous mes enfants jusqu’alors. Quand on perd un humain qui nous entoure, après, les enfants saisissent tout à fait de quoi on parle, et n’en ont pas forcément peur comme de quelque chose de totalement inconnu. Parce que finalement, dans la vie, on n’a peur que de ce qu’on ne connaît pas (comme Clarice qui n’a finalement peur que de ce qu’elle ignore en elle …).
    Pour le reste, on sait généralement jusqu’où ne pas aller trop loin, et surtout la façon de dire les choses. Pour moi, oui, toute vérité est bonne à dire si elle peut être utile à la personne, la faire progresser, même si c’est quelque chose de très dur. Reste après à savoir le faire. Ce que tu appelles avec un brin de mépris « diplomatie » et que j’appellerais peut-être davantage « humanité » …
    Et je n’appuierai pas sur ce que tu dis « si des mots peuvent mener quelqu’un au suicide, c’est qu’il y a eu des choses avant dans sa vie, alors ce n’est pas la faute des mots ». Je n’appuierai pas parce que je trouve que c’est beaucoup trop facile … ;-)

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