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Les marques du temps

by PsychoMoi on nov.29, 2009, under Mes réflexions, Moi, et le temps, et ma famille, sur les humains

Vieillir-comme-on-a-vecu-a18867909Je n’ai jamais eu peur de la mort. Cartésien de nature je considère que mon corps n’est qu’une masse de chair, d’os et de sang et que mon esprit le simple résultat des formidables facultés du cerveau. Tout s’arrêtera lors de mon dernier souffle qui, je le souhaites sera le plus rapide possible.

Cependant j’ai toujours été intrigué par les transformation que ce corps subit jusqu’au jour fatal. Même sur ce point je ne suis pas à proprement dit inquiét. Certain(e)s vivent très mal ces dégradations visibles ou invisibles. Et parmis eux des encores plus stressés qui vont jusqu’à croire que les artifices (crèmes, chirurgie) pourront eternellement leur faire croire qu’ils sont jeunes. Soyons réalistes, si ces personnes ont recours à de tels stratagèmes ce ne sont pas pour les autres mais pour se rassurer ou disont plutôt se mentir.

Je ne fais bien évidemment pas partie de cette catégorie. Je reste lucide et comme je le disais depuis longtemps je scrute ces modifications et mesure leurs impacts surtout en matière de perte d’autonomie. Heureusement je suis encore loin de ce stade. L’essentiel pour moi étant de pouvoir profiter de la vie comme je l’entends. Et pourtant.

Je vais bientôt entamer la dernière ligne droite me menant à mes 40 ans. Et j’en suis ravis. Autant les 18, les 20, les 30 ans sont passé sans aucune espèce d’incidence autant je compte pleinement fêter mes 40 ans. J’ai d’ailleurs depuis 3 ans prévus de passer ce jour fatidique à Manhattan ainsi que le jour de l’an qui suivra puisque je suis né un 29 décembre.

Comme beaucoup d’ados à l’époque ou j’étais au lycée je n’avais pas pleinement conscience de ma forme physique qui me permettait moultes activités avec un certain niveau. Je pouvais nager de grandes distances, rester en apnée un peu plus d’une minute, courir le 100m et arriver parmis les meilleurs de ma classe. je sais qu’aujourd’hui il me faudrait de longs entrainements pour revenir à une telle forme. Et je l’assume. Mon activité professionnelle me sédentarise à petit feu et mes loisirs, ormis mes voyages, en sont aussi la cause.

Du fait de l’hérédité j’ai perdu tôt mes cheveux et cela ne m’a jamais causé de problèmes. Habitué depuis le service militaire à une coupe très courte j’ai volontier prit ce pli qui reste la meilleure solution pour que cette calvitie naissante reste agréable. Ayant prit l’habitude de me couper moi-même les cheveux je constate depuis quelques mois l’apparition de cheveux blancs. Toujours du fait de l’hérédité je ne pense pas que je serai de la famille des poivre et sel. Mais peu m’importe.

Mon plus gros regret reste la dentition. Je n’ai jamais été ami avec le corps médical et c’est aussi le cas avec les dentistes. Mes parents n’ayant pas eu la force de caractère pour me pousser à aller régulièrement chez le dentiste et me donner les bonnes habitudes la situation se dégrada. J’ai aujourd’hui une dentition de merde. Je sais que tôt ou tard je devrais revoir ces charcutier de luxe pour parer au plus grave et cette perspective ne me plait pas du tout. Mais c’est une autre histoire.

Bon vivant je suis aussi bon mangeur. Et ceci associé à ma totale abscence d’activité sportive (pas nocturnes soyons serieux) j’ai comme beaucoup d’homme un petit bide que je tente de contrôller autant que faire se peut.

Quant aux rides cela me passe au dessus de la tête comme mon premier caleçon.

J’ai malgré ces constats une santé en béton et j’en suis pleinement conscient. Grâce à elle, pierre angulaire de toute vie agréable, je peux profiter.

Je le disais les 40 ans sont pour moi une fête, sorte de certificat de sagesse que je pense avoir atteint dans certains domaines. Mais pour autant je garde mon esprit d’enfant. J’ai sur mon bureau un bonhomme M&M’s distributeur de ces délicieuses cacahuètes enrobées de chocolat. J’ai toujours plaisir à voir des concerts, à jouer sur une console de jeux. Voir des spectacles, faire des bons repas, voyager, et régulièrement me faire des frayeures comme sauter en parachute. Et m’interesser à bien des sujets ainsi que de nombreuses passions comme les animaux. Et bien sûr faire des galipettes .. et encore plus depuis elle.
Et je me considère heureux de ce constat lorsque j’entends mes collègues pourtant parfois plus jeunes s’enfermer dans une vie monotone et déjà écrite depuis longtemps. Le bon vieux tryptique mariage, pavillon, enfant. Oh bien sûr des fois ils se font une petite folie .. aller au cinéma ou au restaurant. Mais en dehors de cela leur vie est fade, triste. Rythmée par les courses le week-end, les activités des enfants et leurs diners du week-end chez les beaux-parents ou avec toujours les même amis. Tout comme leurs discussions et leurs nuits. Je sais à voir leur regard envieu qu’ils sont depuis quelques temps tombés dans la monotonie aussi dans ce domaine. A croire que le monde disparait et qu’une fois leur objectif atteint il ne leur reste que leurs amis mariés avec enfants qui existent. A chaque fois que je les regarde je me dis que pour rien au monde j’aimerais vivre ce qu’ils vivent et encore moins ce qu’ils doivent ressentir lorsqu’ils constatent qu’au bout du compte leur vie ne se résume à rien. Evidemment ils s’empressent de mettre en avant .. leur(s) enfants .. puisqu’ils n’ont que ca. Mais tôt ou tard ils partiront et que leur restera-t-il ? Des années passées à les élever, avec la plupart du temps plus de difficultés que de plaisirs, et .. rien. Non définitivement ce genre de vie n’est pas pour moi.

Alors même si l’horloge tourne et que chaque année elle tourne encore un peu plus vite (étrange distorsion du temps d’ailleurs) je compte bien profiter encore et toujours. De chacune, de chaque mois, de chaque jour, de chaque heure comme je l’entends. Un seul « light motiv » ma liberté. Liberté d’aller et venir, penser et faire ce qui me chante du levé au couché. Fuir toute forme de contrainte ou d’obligation non acceptée par plaisir.

Mon cercle familiale se réduit comme peau de chagrin et je sais que les 10 prochaines années marqueront sa totale disparition me rappellant à chaque fois que je suis « le dernier ». Et à double titre puisque je suis le dernier porteur masculin du nom de famille qui est le mien. Lequel est très très très peu répandu dans notre pays et avec quelques très rares cas dans le monde. Mais c’est aussi le cadet de mes soucis.

Je serais alors « seul ». Je suis heureusement depuis longtemps préparé à ce moment. J’ai déjà totalement pris en charge les obsèques de ma mère, de sa mère ma grand-mère, je vis « seul » depuis assez d’années pour savoir que ce moment ne sera pas une difficulté même si j’aurais surement un petit pincement en repensant à ces bons moments que nous auront pus partager. Mais ils sont depuis longtemps bien loin et je ne suis pas du genre à me retourner sur le passé. Cela n’a aucune utilité et c’est une perte de temps humain et intellectuel inutile.

Mais d’ici là et même après je continuerais à vivre. Car au bout du compte pourquoi sommes nous sur terre ?

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1 Comment for this entry

  • Clarice Sterling

    Le temps n’a d’emprise que si l’on veut qu’il en est … les personnes qui utilisent des subterfuge pour lutter contre le temps repousse seulement les limites du visible …
    Tu sais ce que je pense je ne vais pas te le redire …
    Carpe diem vaut toutes les longs discours …
    la différence que nous avons c’est quand les deux personnes au monde que je chéri le plus vont me quitter je ne serais plus que l’ombre de moi-meme. Quand à ma mort elle m’importe peu …
    Pourquoi nous sommes sur terre … bonne question … Pour apporter notre pierre à l’édifice peut-etre …
    Ps j’aime bien ta calvitie naissante moi …

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